| Les membres de la Fondation |
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Membre fondateur Pasteur Victor BEKALE, membre fondateur (Gabon)
discours :
Remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur à
M. Victor Tadhee Békale-Be-Nang (Lambaréné, 4 septembre 2010)
Madame le Ministre,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Président,
Messieurs les conseillers,
Monsieur le Directeur général,
Mesdames, Messieurs,
Mes chers amis,
C’est avec un grand plaisir et une grande satisfaction que j’ai répondu à la suggestion de Monsieur le Directeur général
de la Fondation Internationale de l’Hôpital Albert Schweitzer de saisir aujourd’hui l’occasion de cette commémoration du
45ème anniversaire de la disparition Docteur Schweitzer pour rendre hommage, en lui remettant les insignes de chevalier
de la légion d’honneur, au Pasteur Victor Bekalé, un homme de foi et de cœur dont la vie a été toute entière consacrée
à s’investir auprès d’autrui, à former spirituellement les hommeset qui s’est engagé pleinement depuis 40 ans, au sein
de la Fondation, dans le sillage tracé par le Grand Docteur.
Monsieur le Pasteur, permettez-moi tout d’abord de me livrer comme c’est l’usage à un bref récapitulatif du parcours
qui a été le vôtre.A la lecture de votre biographie, une impression de diversité se dégage. Au-delà de l’activité pastorale
en effet, qui est au cœur devotre vie, vous avez aussi été actif dans d’autres domaines, plus temporels, et
particulièrement,fait assez rare pour le souligner,au sein de l’administration de votre pays.
Bien sûr, vous êtes d’abord un homme engagé dans le ministère de la foi. C’est une vocation précoce puisque, né il y a
90 années dans une région proche de Lambaréné, et immédiatement après vos études primaires, en 1935, vous suivez
un cursus qui aboutità votre diplôme d’Aptitude Pédagogique Protestant à l’Enseignement privé protestant.
Vous entreprenez ensuite des études de théologie pour devenir Pasteur et au terme de ces études, vous suivez le
SéminaireInternational Culturel à Berlin, dont vous reviendrez également diplômé.
Fort de ce bagage, en 1941, vous partez enseigner à l’Ecole Protestante de Baraka à Libreville, foyer historique de
l’implantationde l’Église protestante au Gabon. Vous rejoignez ensuite Lambaréné, en 1947, avant de prendre en charge
la Paroisse de Port Gentil de 1952 à 1954.
Par la suite vous sillonnez le pays en étant successivement affecté à Minvoul, Mitzic, Oyem, N’Djolé, pour revenir
prendreen charge la Paroisse de Lambaréné et l’aumônerie du Collège Fanguinovény de 1960 à 1964. C’est à cette
époque quevous faîtes une rencontrecapitale dans votre vie et que vous vous liez d’amitié avec le Grand Docteur en
même temps quevous vous intéressez à l’Hôpital Schweitzer.
J’y reviendrai bien sûr.
C’est à cette époque aussi, qu’une bifurcation s’opère dans votre parcours. L’œuvre pastorale vous avait passionné,
c’estmaintenant l’action publique qui vous tente, lorsque, en 1964, vous êtes nommé Chef de bureau puis Chef de
service des Affaires Culturelles au Ministère de l’Education Nationale puis au Ministère de la Jeunesse et des sports.
La culture, la jeunesse, l’éducation, le sports: ces concepts renvoient à des réalités qui vous sont chères. Je ne pense
pas trahir le fondintime de votre vocation en disant qu’elle a toujours été de contribuer à donner aux âmes et aux
corps uneossature et une robustesse.Au fond, vous demeurez fidèle à la mission que vous vous étiez assignée à
l’orée de votrecarrière, de former et d’édifier les individus.En embrassant une seconde carrière administrative, vous
le restez, simplement avecce souci, s’agissant des moyens d’exercer cette mission,de choisir ceux qui vous paraissent
les plus utiles. Et le service de l’Etaten est un, bien évidemment, puisqu’à travers lui c’est l’intérêt général,et donc
la somme des bien-être particuliers, qu’il s’agit dedéfendre et de faire primer.
Vous exploitez cette nouvelle facette en traçant votre sillon, toujours au service du public : de 1969 à 1974 vous
assumez lesfonctions deChef de service de la Protection civile au Ministère de l’intérieur. Vous occupez par ailleurs
des fonctions importantesau sein de son Comité d’entreprise.Ambitieux pour vos concitoyens, vous ne voulez pas
non plus rester étranger à la vie de la Cité.
La politique vous intéresse.Vous devenez membre actif du Parti Démocratique Gabonais dès 1968, date de sa
création par le défuntPrésident Omar Bongo Ondimba.Vous y êtes notamment Trésorier de la Province du
Moyen Ogooué et des Lacs de 1974 à 1987.
C’est donc ainsi, presque naturellement, qu’en 1974 vous apparaissez tout désigné pour devenir membre fondateur
de laFondation Internationale de l’Hôpital Albert Schweitzer. Vous êtes actuellement l’un des plus anciens membres
honoraires de la Fondation.
A la disparition du docteur Schweitzer, vous avez décidé, en lui succédant dans la réalisation de ses oeuvres,
d’embrasser un nouveau et passionnant sacerdoce.
Depuis lors, pendant toutes ces années passées à la tête de la Fondation, vous avez me dit-on toujours fait montre
d’une disponibilité, d’une gentillesse – chacun ici pourra en témoigner - et d’un très grand dévouement à l’institution.
Vous avez contribué comme le Grand Docteur,pasteur comme vous-même, à vous occuper des âmes et avez ainsi
poursuivi de la même manière le travail entamé parle Dr Schweitzer.
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Le Président Nicolas Sarkozy, avait souhaité que la promotion du 14 juillet 2010 dans l’ordre de la Légion d’Honneur
distingueparticulièrementdes personnalités de la société des pays africains célébrant cette année le cinquantenaire
de leur indépendance.
En choisissant le Pasteur Bekale, la France a décidé d’honorer un homme qui durant de longues années, s’est
totalement investi dansla perpétuation de l’œuvre morale et philosophique d’Albert Schweitzer, dont il incarne
notamment les qualités de dévouement etd’attentionaux autres.Un homme qui a concrétisé cet attachement
à la mémoire de Schweitzer en s’investissant personnellement dans la créationpuis les activités de la Fondation
qui porte son nom. J’ajoute pour ma part que cet honneur rejaillit aussi sur celle-ci et surtoutes celles et ceux qui
aujourd’hui,par leur travail et leur dévouement au sein de cette institution, font vivre depuis près de 100 ans
l’héritage duDocteur Schweitzer.
Monsieur le Pasteur,
En 1979, le Gouvernement français avait déjà estimé votre parcours remarquable, et vous avait fait officier de l’ordre
national du mérite.Aujourd’hui, c’est donc pour honorer les mérites éminents que vous n’avez jamais cessé de témoigner
depuis lors par votre action continueau service d’une grande cause, que le Président de la République a décidé de faire
de vous un chevalier dans le premier de nos ordres nationaux,la Légion d’Honneur, dont je vais maintenant avoir
le plaisir de vous remettre les insignes.
« Monsieur le Pasteur BEKALE, au nom du Président de la République, nous vous faisons Chevalier de l'Ordre national
de la Légion d’honneur ».
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