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Le village Lumière
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Longtemps dans les lointains alentours de Lambaréné, les lépreux étaient bannis des villages et habitaient dans des huttes le long du fleuve l’Ogooué. Pour Albert Schweitzer, il était difficile de leur proposer un abri dans son hôpital, les patients ne voulant pas vivre à leurs côtés.

C’est au retour de son voyage aux Etats-Unis, où il avait été invité en 1949 pour une série de conférences, qu’il put, grâce à la générosité de personnes rencontrées là bas, envisager de construire sur son terrain tout un village pour les lépreux.

L’emplacement choisi était une colline à 500 mètres des bâtiments de l’hôpital. Il fallut d’abord défricher la forêt puis s’engager dans d’importants travaux. C’est grâce à l’argent du Prix Nobel de la Paix, décernée en 1953 pour l’année 1952, qu’il a pu acheter la tôle ondulée pour couvrir les cases et les cuisines du nouveau village. S’en est suivie l’arrivée des lépreux de la région, venant s’installer dans un village qui était vraiment le leur.


vue aérienne du Village Lumière -photo Yann Arthus Bertrand-

Le chef du Village était Alain Douviogou. Au fil des années, cet homme, originaire du sud du pays, arrivé à l’hôpital en 1951 à l’âge de 17 ans, était devenu un infirmier habile. Longtemps soigné il a finalement été guéri, même si ses mains et ses pieds sont restés mutilés. C’est au côté de Joan Clent (anglaise arrivée à Lambaréné en 1962) qu’il veilla au bon fonctionnement du lieu.

Au village des lépreux résidaient alors environ 150 malades avec leur famille. Les plus valides travaillaient selon leurs possibilités directement à l’hôpital.

Le village était alors tapi à l’ombre de grands manguiers et de vieux palmiers. Joan Clent souhaitait de la lumière pour ses patients et non toute cette ombre. A l’époque, il n’était pas permis, sur le territoire de l’hôpital, d’abattre des arbres sans autorisation spéciale de la direction. Mais un jour plusieurs de ces palmiers tombèrent, les uns après les autres, sous les coups de haches de bûcherons que Joan Clent avait engagés. Avec fierté elle déclarait ensuite que le village des lépreux s’appellera désormais Village de Lumière. Il a gardé ce nom depuis.

Sur la base du témoignage de Joan Clent, dans Jo & Walter MUNZ, 2006, ‘Cœur de Gazelle et Peau d’Hippopotame’,Jérôme Do Bentzinger Editeur

 


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